Make vs Zapier : lequel choisir, et comment passer de Zapier à Make

Make ou Zapier ? Le duel point par point (prix, listes, branches, erreurs), puis la table de correspondance pour migrer vos Zaps vers Make sans rien casser.

C’est LA question que je reçois au moins 3 fois par semaine : “Lilian, je prends Make ou Zapier ?”

Et ma réponse frustrante (mais honnête) : ça dépend.

Après 4 ans à utiliser Make quotidiennement et avoir testé Zapier sur des dizaines de projets clients, je peux vous donner un avis tranché. Cet article est un duel : Make contre Zapier, et rien d’autre. Si vous hésitez aussi avec n8n, le comparatif Make, n8n et Zapier en 2026 met les trois face à face. Ici, on va plus loin sur les deux premiers, jusqu’à la migration d’un outil à l’autre.

Mais d’abord, les chiffres.

Le comparatif qui va trancher

Makevs Zapier
Critère Make Zapier
Prix (entrée) Gratuit (1 000 crédits/mois) Gratuit (100 tâches/mois)
Premier plan payant 9 $/mois facturé à l’année, 10 000 crédits ~20$/mois pour 750 tâches
Interface Canvas visuel Liste linéaire
Flexibilité Très élevée Moyenne
Courbe d’apprentissage 2-3 jours Quelques heures
Intégrations natives 3 500+ 8 000+
Branchements conditionnels Router natif, branches à volonté Paths, plus contraints
Boucles Natif (Iterator, agrégateurs) Looping by Zapier, plus limité
Gestion d’erreurs Avancée (routes, retry) Basique

Voilà les faits. Maintenant, creusons.


Zapier : quand la simplicité prime

Je vais commencer par Zapier, parce que c’est probablement l’outil que vous connaissez. Et honnêtement ? Il y a des cas où Zapier est le meilleur choix.

Ce que Zapier fait très bien

La prise en main immédiate. Vous créez un Zap en 5 minutes. Sérieusement, même ma mère pourrait le faire (bon, elle galèrerait un peu, mais vous voyez l’idée).

L’interface est linéaire : A déclenche B qui déclenche C. Pas de schéma complexe à comprendre, pas de concepts intimidants. C’est rassurant.

Le catalogue d’intégrations. Avec 8 000+ apps connectées, vous trouverez toujours ce que vous cherchez. Ce logiciel de niche que personne connaît ? Probablement sur Zapier. Make rattrape son retard, mais Zapier garde l’avantage ici.

La documentation. Zapier a investi massivement dans les tutos, articles, et le support. Leur blog est une mine d’or. Et si vous bloquez, leur support répond vite (et bien).

Là où Zapier coince

D’après les pages tarifs officielles, le premier plan payant de Zapier tourne autour de 20$ par mois pour 750 tâches, quand Make donne 10 000 crédits pour 9 $ par mois, facturés à l’année. Les deux comptent chaque action, mais pas au même prix unitaire : sur un même volume, l’écart se creuse vite.

La flexibilité. Dès que votre automatisation dépasse le schéma “A → B → C”, Zapier galère.

Vous voulez traiter une liste de 50 éléments ? Dans Make, c’est natif. Dans Zapier, il faut passer par Looping by Zapier ou par Formatter, et chaque élément traité consomme des tâches.

Vous voulez des branchements conditionnels ? Zapier a les Paths, mais ils deviennent vite lourds à maintenir. Dans Make, vous dessinez littéralement les chemins sur le canvas avec le Router.


Make : l’outil des gens sérieux

OK, je suis biaisé (je suis formateur Make, après tout). Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Ce que Make fait très bien

L’interface visuelle. C’est pas juste un gadget · c’est un game-changer.

Quand vous avez un scénario avec 15 modules, 3 branches conditionnelles, et une gestion d’erreurs, vous VOYEZ ce qui se passe. Vous pouvez zoomer, cliquer sur chaque module, voir les données qui circulent. Pour debugger, c’est incomparable.

La puissance réelle. Boucles, itérateurs, agrégateurs, routeurs, webhooks, modules HTTP custom, datastores… Make a tout ce qu’il faut pour des automatisations complexes.

La gestion d’erreurs. Make a un système de routes d’erreur qui permet de gérer les plantages intelligemment. Retry automatique, notification, fallback… C’est pro.

Là où Make coince

Moins d’intégrations natives. 3 500+ apps, c’est beaucoup. Mais si vous avez besoin d’un outil obscur, y’a plus de chances qu’il soit sur Zapier.

Cela dit, Make a un atout : le module HTTP. Avec lui, vous pouvez connecter N’IMPORTE QUELLE API, même sans intégration native.


Les cas concrets : qui gagne ?

Arrêtons la théorie. Voici des situations réelles.

Cas 1 : Formulaire → Email

“Je veux envoyer un email quand quelqu’un remplit un formulaire”

Cas 2 : Traitement de listes

“Je reçois des commandes avec plusieurs produits, je dois créer une ligne par produit dans mon ERP”

Cas 3 : Routage complexe

“Je veux router les leads vers différentes équipes selon leur pays, budget et secteur”

Cas 4 : Outil sans intégration native

“Mon outil métier n’a pas d’intégration native”


Mon verdict (après 4 ans et 150+ projets)

Pourquoi ? Parce que vos besoins vont évoluer. Ce qui commence par “envoyer un email quand quelqu’un soumet un formulaire” devient vite “centraliser les leads, les enrichir, les router, envoyer des séquences emails, mettre à jour le CRM…”

Avec Make, vous êtes préparé. Avec Zapier, vous allez devoir migrer · et reconstruire vos automatisations de zéro.

Le mieux reste de vous faire votre propre avis : le plan gratuit (1 000 crédits/mois) est largement suffisant pour tester, vous pouvez créer votre compte sur make.com et monter votre premier scénario dans la foulée.


Passer de Zapier à Make : la table de correspondance

Vous avez tranché pour Make et vous avez déjà des Zaps qui tournent ? Il n’existe pas d’import automatique : chaque Zap se reconstruit en scénario. La bonne nouvelle, c’est que presque chaque brique Zapier a son équivalent direct.

Dans Zapier Dans Make Ce qui change
Zap Scénario Un canvas au lieu d’une liste d’étapes
Trigger Module déclencheur Planifié (toutes les X minutes) ou instantané (webhook)
Action Module Chaque action de module consomme un crédit, le plus souvent
Task (tâche) Crédit Même logique de comptage, prix unitaire plus bas
Filter by Zapier Filtre sur un lien Le filtre se pose entre deux modules, sur la flèche
Paths by Zapier Router Toute route dont le filtre passe s’exécute, pas seulement la première
Looping by Zapier Iterator, puis Aggregator L’itérateur découpe la liste, l’agrégateur la recompose
Formatter by Zapier Fonctions intégrées (texte, dates, maths) Directement dans les champs, sans étape dédiée
Webhooks by Zapier Webhooks (Custom webhook) Même usage, l’URL est générée par Make
Delay by Zapier Sleep, ou un scénario planifié Pour les longues attentes, préférez une file dans un data store
Storage, Zapier Tables Data store Une petite base intégrée au compte Make
Zap history Historique des exécutions Chaque bundle se rejoue et s’inspecte module par module

La migration en cinq étapes

  1. Faites l’inventaire. Listez vos Zaps actifs avec leur consommation mensuelle de tâches. Ceux qui coûtent le plus sont souvent ceux qui gagnent le plus à passer sur Make.
  2. Commencez par un Zap simple et gourmand. Un déclencheur, deux ou trois actions, beaucoup de volume : c’est là que l’écart de prix se voit dès le premier mois.
  3. Reconstruisez, ne copiez pas. Un Zap à rallonge avec trois Paths devient souvent un scénario plus court avec un Router. Profitez-en pour ajouter une route d’erreur.
  4. Faites tourner les deux en parallèle quelques jours. Gardez le Zap actif, branchez le scénario sur une copie de la destination (un onglet de test, un pipeline CRM de test), comparez les résultats.
  5. Coupez le Zap, puis seulement l’abonnement. Désactivez le Zap une fois le scénario validé, et attendez la fin de votre cycle de facturation Zapier pour résilier.

Si Make est nouveau pour vous, le guide Make pour débutant pose les cinq concepts à connaître avant de reconstruire quoi que ce soit, et apprendre Make gratuitement liste les ressources pour démarrer sans dépenser.


FAQ

“Je peux migrer de Zapier vers Make ?”

Oui, mais manuellement : il n’y a pas d’import automatique. La table de correspondance et les cinq étapes ci-dessus couvrent l’essentiel. Une fois que vous maîtrisez Make, recréer un Zap en scénario prend généralement moins de temps que le setup initial.

“Make est vraiment moins cher ?”

Oui, significativement :

Volume mensuel Make Zapier
Jusqu’à 1 000 actions Gratuit Plan payant dès 100 tâches
10 000 actions 9 $/mois facturé à l’année (premier plan payant) Bien au-delà du premier plan à 750 tâches

“Et si j’ai besoin des deux ?”

C’est possible ! Certains de mes clients utilisent Zapier pour des intégrations spécifiques qu’ils ne trouvent pas sur Make, et Make pour le reste. C’est pas idéal (deux outils à gérer), mais ça marche.

“Lequel choisir quand on débute ?”

  • Automatiser vite fait sans creuser → Zapier
  • Prêt à apprendre un outil plus personnalisable → Make

Vous voulez apprendre à automatiser avec Make ? La formation complète propose des cours vidéo, des exercices corrigés et des projets pratiques à suivre à votre rythme.

Automatisez votre activité avec Make, sans coder.

Cet article montre le principe sur un cas. La formation Make déroule la construction complète : des fondamentaux jusqu’aux patterns qui tiennent en production chez un client qui paie.

  • 20h vidéo · 16 chapitres
  • 299 € · paiement unique
  • Accès à vie
  • Garantie 14 jours

Les 3 automatisations par lesquelles je fais commencer mes clients

Trier ses e-mails, ne plus ressaisir les documents reçus, facturer à chaque commande : trois cas réels, avec leur schéma dans Make et dans n8n.

Recevoir le guide

Gratuit · le lien du guide part aussitôt par e-mail.